- La génération actuelle, "enthousiaste sur les réseaux sociaux", manque de "discernement politique"
Si la logique d'ouverture et d'échange véhiculée par les approches sociales sur Internet sont une évolution éminemment positive, les possibilités que les utilisateurs leurs prêtent semblent illusoires. Wolton affirme que "la génération actuelle ne se dit pas je ne suis pas la première génération à vouloir une société plus inégale et moins fraternelle. Si ça a toujours échoué, il faut réfléchir." En d'autres termes, l'avancée technologique ne saurait à elle seule engendrer un bouleversement que d'autres échouent à mener depuis des siècles.
- Les réseaux sociaux responsables du Printemps Arabe ? Un "européanisme"
"Dire que le printemps arabe, c'est le printemps de Facebook est idiot" affirme Wolton. Certes, il y a aujourd'hui Facebook , mais il y a également eu "un silence de 40 ans, un silence de maturation". "Nous, européens, explique-t-il, projetons nos fascinations. Mais les éléments les plus importants ont certainement été la radio et le téléphone, qui a permis que les familles se parlent."
- La difficulté, c'est de sortir du réseau
Interrogé sur ses usages personnels relatifs aux réseaux sociaux, le chercheur répond privilégier les relations interpersonnelles et pose la question : "comment sortir du réseau ?" Selon-lui, il faut retourner à la "réalité réelle", même si elle est constituée de "pourris, de tordus, de rapports de force, de l'amour, de la haine, c'est la dureté de la vie sociale." Or, indique-t-il, "c'est la vie sociale qui nous détermine".
Sa conclusion semble pouvoir s'appliquer tant au champ du personnel que du professionnel. Elle paraît en tout cas tout à fait appropriée à la discipline des relations publiques et des évolutions qui la caractérisent : "si une génération se révolte et veut d'autres rapports humains et sociaux, tant mieux. Mais de grâce, qu'elle relativise l'importance des outils !"
Source : Le blog de Viadeo, "Rencontre avec Dominique Wolton, le sceptique éclairé du social media".















